dimanche 15 décembre 2013

Mémoire

Une sortie scolaire culturelle, en classe de 6 ou 5 eme, organisée par un professeur de français probablement leninomarxiste me traîne au théâtre de la ville du châtelet un mercredi après midi.
Le barbu chantant m'est plutôt inconnu. Imprégné précocement de jazz-rock et de pops impopulaires, je subis le voyage en car et l'enthousiasme relatif de mes camarades de classe plus que je n'y participe.
Le spectacle va me scotcher. Le barbu s'appelle Georges Moustaki. Je ne vais pas pour autant en devenir "fan de", mais je frisonne encore au refrain : " Dans une Espagne sans Franco …"

Quand, il y a quelques jours, Michel Onfray écrit avec l'intelligence, le style et la pertinence qui lui sont propres : " Pendant que le sage montre le serpent, l’imbécile regarde la mue. ", Je loue le leninomarxiste de mes 10 ans.

Attention ! Le vote con peut avoir de graves conséquences.


« La mue du serpent », Le Monde du 11 décembre 2013

LA MUE DU SERPENT -
La mort de Nelson Mandela met à jour une singulière fracture entre Marine Le Pen et son père, entre le Front national et le Rassemblement Bleu Marine. Elle témoigne qu’il existe de facto une coupure entre le vieux père nostalgique de l’Algérie française et la jeune fille déguisée en Général de Gaulle. Ce hiatus factuel nous invite à réféchir sur ce qu’il faut penser vraiment de Marine Le Pen. Précisons.
Marine Le Pen a en effet salué  la mémoire du prix Nobel de la Paix «qui, par patriotisme et par amour de son peuple, avait réussi à sortir son pays de la guerre civile en le préservant des déchirures». Exercice habituel en pareil cas : on prétend aimer en l’autre ce qu’on imagine être chez soi – ici, une figure de réconciliation nationale qui permet de rassembler le peuple d’une Nation éprouvée et déchirée. En Afrique du Sud, par le régime d’apartheid, en France, par le règne sans partage depuis un demi-siècle de « l’UMPS » – pour utiliser le langage de qui nous savons. Convenons que, même en n’aimant pas le libéralisme de droite et le libéralisme de gauche, ce qui est mon cas, il n’inflige pas autant de dégâts aux peuples qu’un régime d’apartheid !
De son côté, Bruno Gollnisch se félicite dans son blog que Jean-Marie Le Pen et le FN aient estimé «que le régime afrikaner était de loin un moindre mal, un facteur de stabilité et de richesses, entouré par un océan de misère». L’Afrique du sud en régime d’apartheid incarnait selon lui «une nation où les ethnies noires jouissaient alors d’un niveau de développement et de prospérité inégalé en Afrique noire».
On aura donc compris que la fille et le père ne tiennent pas le même discours ! Mieux : qu’ils tiennent un discours contradictoire. Un électeur du FN historique trouve son compte au discours raciste et racial des tenants de l’apartheid ; un électeur du Rassemblement Bleu Marine se réjouira d’imaginer le retour du Général de Gaulle, fut-ce en jupe et talons aiguilles. Le premier se retrouve ainsi  à l’aise dans le camp des petits-fils de Drumont, des amis du Maréchal, des défenseurs du régime de Vichy, des nostalgiques des fascismes européens, des poseurs de bombes de l’OAS ; le second s’imagine que la France gaulliste est de retour avec la réconciliation nationale d’un après-guerre où vichystes, résistants et communistes ( parfois, ce furent les mêmes…) faisaient la bamboula gouvernementale dans le bateau du général.
Que pense vraiment Marine Le Pen ? Attend-elle que le temps fasse sa besogne et tue son père octogénaire pour lui éviter de le faire afin , ce qui la dispenserait de s’en débarrasser  elle-même ? Ou tient-elle le discours rusé et séducteur du serpent qui joue la carte gaulliste pour arriver au pouvoir avant de tomber le masque une fois parvenu au sommet de l’Etat pour nommer Gollnisch premier ministre et confier les ministères aux amoureux transis des dictateurs ? Le ministère de l’intérieur à un nostalgique de Mussolini ? Le ministère de l’immigration à un partisan de Pétain ? Le ministère de la défense à un sympathisant de Franco ? Le ministère de l’éducation nationale à un affidé de Salazar ? Où est Marine Le Pen ? A Colombey-les-deux Eglises, comme elle ne cesse de le dire à longueur de médias, ou à Montoire, comme on pourrait le croire si elle ne disait explicitement , et assez rapidement, qu’elle n’y est pas ?
Si Marine Le Pen ne se désolidarise pas clairement des propos de son père et de Bruno Gollinsch, on pourra croire légitimement qu’elle taille la route pour eux et qu’elle avance masquée pour installer la vermine au pouvoir. Si elle est ce qu’elle prétend être en permanence, à savoir un retour du gaullisme sous sa forme souverainiste et populaire, alors qu’elle dise sans fioritures qu’elle ne soutient pas ceux qui sont les ennemis du général de Gaulle depuis toujours. Son silence joue contre elle : tant qu’elle ne dit pas non à ceux-là, elle leur dit oui. Dès lors, la mue de Marine Le Pen est poudre aux yeux. Pendant que le sage montre le serpent, l’imbécile regarde la mue.
©Michel Onfray, dec 2013


dimanche 1 décembre 2013

Trans-mission

Il n'y a pas si longtemps, lorsque j'étais presque mort, il m'arrivait de tenir le discours suivant.

Situation :

Comptoir d'un bar, de préférence accompagné d'une ou deux viandes saoules, mais parfois hélas, également écouté par quelques congénères plus sensés et moins avinés.

Le narrateur (voix lourde et grasse) : 

- Tu sais, Gérard, je l'dis souvent à mes amis et ma famille. Si je meurs demain, faudra pas trop pleurer autour de ma tombe ou de mon incinérateur ou d'là où j'aurai pété la gueule de mon avion ou de ma Ferrari, car Le Fred, il aura eu la chance de réaliser 85 % d'ses rêves de gosses.

Le pauvre Gérard (pas trop saoul) :

- Faut pas dire cela, tu as encore de grandes choses à faire. Tu réagis comme cela car tu es un peu fatigué en ce moment. Tu n'as pas pensé à faire un peu de sport ? Cela fait du bien et c'est bon pour la santé.

Version alternative. Gérard (saoul) :

- … … (silence vacillant, le regard hagard sur un horizon incertain) … Thénardier ! Ressers un verre à mon pote Fred. C'est ma tournée.

A suivre …


Et si les 15 % restant étaient composés de 85 % de rêves d'adulte devenu un peu plus sage ?

Notre Mozart contemporain m'a inspiré cette allégorie. Frissons garantis pour les amateurs du genre. Place au Maître et à l'élève surdouée :


Petit clin d'œil à la Beurette Stroumpffisée : Je connais la "Mozarette" de "dans 50 ans". 

Et qui sait … Myriam pensera peut être à ce drôle de Tonton des tropiques quand alors elle l'écoutera.

mardi 19 novembre 2013

Merci El Poulouk's.


Cette habitude de donner un sobriquet aussi à ceux que j'aime doit me venir de Gaston qui me nommait affectueusement "La Globule". Il ne m'a jamais dit le pourquoi de cet avatar. Probablement ma ronde bile de clown d'enfant heureux, coiffé à la Mireille Mathieu. Pas facile avec ces baguettes de tambour pour cheveux, et cette face de môme jusqu'à 30 ans, de lever des pti-lôts les gars !

Le surnom d'Arnaud lui vient d'un grand pilote de F1 chez Renault dans les années glorieuses, qui après avoir "tapé" son premier pilote pendant une saison, s'est retrouvé premier pilote d'un second qui s'appelait Prost. Cela a naturellement quelque peu contrarié la carrière de ce René Arnoux.

Poulouc est le doux nom en créole réunionnais de l'appareil de Coluche. Le mien étant à l'époque, régulièrement flatté par une très jolie petite malbaraise, il est probable que cela m'ait alors inspiré le "S" final pour la rime.

Pour le "El", je reste circonspect. Peut être une inspiration Al di Meoliéno-Ibérique … Olè !

Tout cela pour parler de Bagnoles, de Bites, et de jolies Gonzèsses, et envoyer un autre clin d'œil à mon Arnoux El Poulouk's qui m'a un peu ému ce matin en me citant cet affectueux sobriquet qu'il reprend à son compte.

Merci Arnaud.



























lundi 11 novembre 2013

Le Laurent



Je vous décrirai plus tard le "phénomène" dans de plus amples détails , mais l'article suivant vous donnera déjà un aperçu de l'originalité du bonhomme qui est aujourd'hui l'un de mes rares amis dans ce pays,

Alors que je saurais difficilement me passer de mon IPhone aujourd'hui, ce n'est pas son usage téléphonique qui m'est le plus précieux. Et si je me souviens bien, j’ai acquis mon premier mobile, un Génie Philips au touché de mauvaise quincaillerie, en 1998, soit assez tard dans la folie des « Devines d’où je t’appelle ? » de l’époque.

Pour en revenir donc au Laurent du sujet, s’il est moins connu en ce moment que son célèbre homonyme de prénom, locataire du Quai d’Orsay, il n’en est pas moins illustre dans notre microcosme du Lotus. Il vient de s’offrir son presque premier mobile. Le premier, me confiait-il hier, fut égaré en moins d’une semaine.

Souhaitons bonne chance au vénérable successeur dont les photographies suivent :






L'expression de Bos taurus primigenius sur le visage du spécimen est volontaire je vous rassure.
L'individu, bien que s'inquiétant des effets de l'âge sur son endurance, a encore la synapse légère et accommodante.


dimanche 10 novembre 2013

Sur deux morceaux d'Ange


Il est difficile de ne pas penser à l'état d'esprit dans lequel j'étais il y a quelques semaines en écoutant ce premier morceau d'un des derniers albums d'Ange.

Groupe mythique de notre jeune adolescence avec Bruno, de nos jeunes années avec Jean Marc.
Bien sur c'est à Christian qui nous l'a fait découvrir que je pense aujourd'hui et à mes neveux, Johann et Arnaud qui apprécient aussi les vieux albums d'Ange.

Alors le second morceau de l'album "Moyen Age" a un petit goût de mélancolie et d'espoir en cette période difficile pour eux.


Le Premier Arrivé Attend L'autre by Ange on Grooveshark

dimanche 3 novembre 2013

Bricolage

Qui a dis que je n'étais pas un bon bricoleur ?

Ah pardon, en effet, il s'agit de chirurgie orthopédique.

Réalisée par mes soins, en Juin 2008 au Lotus que je m'apprête à racheter … En communauté avec ma tendre épouse bien sur.

Le chien doit courir encore si un malheur, hélas fréquent ici, n'a pas mis fin à ses jours.







La Femme d'un Flic.



Afin de rajouter un article plus récent et tourner la page de cette hommage à Danièle en retrouvant au moins le sourire, je feuillette ce qu'il me reste de ma photothèque après le cruel vol de mes disques durs de la Saint Valentin 2012.

Et je tombe sur ce vol du 3 Février 2008. Petite promenade devenue "classique" à l'époque : Tour de Moorea ; Aller/Retour à Tetiaroa ; c'est bien sur un peu plus glamour que le survol des usines Renault à Flins, quoique ces dernières aient leur charme.

V'la ti pas qui vient l'idée saugrenue d'imaginer qu'chuis devenu copain avec un flic !

J'ai donc promené un gendarme dont je ne me rappelle plus le nom et sa belle mère plutôt que sa femme je pense me rappeler. Toujours est il que cela m'a donné envie d'écouter Brassens et d'en revenir à des considérations plus anarchistes.

Le flic est mauvais photographe et son amitié s'arrête à votre première garde à vue !

Je vous livre néanmoins l'intégralité de son oeuvre.